Centre Social La Pépinière

SENSIBILISATION AU RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE

Réchauffement climatique : un réalité physique, un défi pour l'homme

Le quatrième et dernier rapport du GIEC (Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’évolution du Climat) publié en 2007 et récipiendaire du Prix Nobel de la Paix, est clair et ne laisse plus de place au doute quant au changement climatique. On y trouve des conclusions fortes telles que "Le réchauffement du système climatique est sans équivoque, car il est maintenant évident à partir des observations que les températures moyennes mondiales de l’atmosphère et de l’océan augmentent, que l’on assiste à la fonte généralisée de la neige et de la glace, que le niveau moyen mondial de la mer augmente", ou encore : "L’essentiel de l’accroissement observé sur la température moyenne atmosphérique globale depuis le milieu du 20ème siècle est très probablement dû à l’augmentation observée des concentrations des gaz à effet de serre d’origine humaine". La portée de ces conclusions est d’autant plus grande que l’on rappelle leur vote à l’unanimité par tous les pays membres (plus de 200 au total), aux intérêts politico-économiques les plus divergents.

Dans ce contexte global, les latitudes polaires et subpolaires se caractérisent par des modifications beaucoup plus rapides et drastiques du fait de la présence de glace de mer, en particulier dans l’hémisphère Nord. L’accroissement des températures est accéléré par des processus physiques d’amplification liée à la neige et à la banquise, en particulier les effets dit d’albédo (réflexion des rayons de soleil par la surface), ou d’isolation (nature thermostatique de la neige sur les continents). A titre d’exemple, le réchauffement mesuré au Spitzberg sur les 50 dernières années est de l’ordre de 0,4 degrés par décennie contre 0,16 à l’échelle planétaire, soit environ 2,5 fois plus rapide. Si l'on ne considère que la période 1979-2005, la tendance atteint même 0.6 a 0.7 degrés par décennie confirmant l'emballement du changement aux latitudes polaires.

 

Le rythme du changement est tel que la disparition totale de la banquise en été sur l’océan Arctique était prévue, de manière consensuelle par la communauté scientifique, autour des années 2050. Ci dessous une animation de l'évolution de la couverture de glace de 2000 à 2099 pour le mois de Septembre (les années défilent en haut a droite) telle projetée par le modèle de Météo-France (CNRM-CM3) suivant un scénario modéré (A1B) d'émission des gaz à effet de serre, et produite dans le cadre du GIEC. La couleur rouge signifie 100% de banquise alors que la couleur blanche signifie que l'ocean est libre de glace. La courbe du dessous montre l'évolution de l'anomalie de température sur l'archipel du Spitzberg par rapport à une température de référence calculée sur la periode 1971-2000.

 

Concentration de la glace Arctique de l'an 2000 à 2100

 

Des estimations plus récentes et plus réalistes prenant en compte des processus physiques négligés jusqu’alors, et des mesures d’épaisseur de glace de mer de plus en plus précises, situent aujourd’hui cette disparition autour de 2030 si le rythme actuel se maintient. Les cartes ci-dessous contrastent la couverture de glace mesurée par satellite au début des années 1980 avec celle de 2007 ou un minimum de couverture de glace a été enregistre.

Cartes tirées de  http://arctic.atmos.uiuc.edu/cryosphere/
Cartes tirées de http://arctic.atmos.uiuc.edu/cryosphere/

 

La fonte de la banquise constituerait l’une des modifications les plus importantes de l’équilibre planétaire dans le cycle naturel de variation des climats (alternances des périodes glaciaires/interglaciaires etc.) modifiant les grands échanges d’énergie des océans et de l’atmosphère. Le volet scientifique de l’initiative "Derniers Messagers des Glaces" s’inscrit dans ce contexte. Les latitudes polaires ou subpolaires sont le théâtre de changements environnementaux visibles et palpables à l’échelle d’une génération. Il s’agit donc d’aller appréhender ces changements par l’expérimentation, afin de mieux comprendre la nature et la physique du changement climatique, pour ensuite partager cette connaissance et témoigner de l’urgence des mesures à prendre et des actions à tenir. Il ne s’agit pas, bien sur, d’une étude scientifique au sens premier du terme car celle-ci ne peut se faire que dans les laboratoires et avec des moyens humains et matériels conséquents ; il s’agit d’initier le groupe à la démarche scientifique (mesures, interprétations, incertitudes etc.) leur permettant d’interpréter les concepts et les conclusions complexes et très souvent mal relayées sur le changement global.

 

 

Avant l'expédition

Série de 6 interventions sous forme de "cours questions-réponses" sur la physique du climat et le changement climatique afin de bien comprendre l’approche scientifique qui se décompose en 4 étapes : l’observation, la détection, l’attribution et la prévision

La circulation thermohaline
La circulation thermohaline
  • Janvier : Initiation au climat : les grands équilibres énergétiques de la planète, la circulation atmosphérique et océanique (expérience de l’aquarium)
  • Février : La variabilité du climat : les alternances glaciaires/interglaciaires, le climat du dernier millénaire, le réchauffement de la fin du dernier siècle
  • Mars : Le changement climatique du XXeme siecle: signature et origine.
  • Avril : Les projections climatiques pour le XXIeme siècle : les modèles.
  • Mai : Le changement des événements extrêmes (canicules etc) projetés pour le XXIeme siècle
  • Juin : Le climat des latitudes polaires. La glace de mer : mesure et projection climatique. Mécanismes d’amplification (effet d'albedo, experience des assiettes et des saladiers)
  • Juillet-Aout: initialisation a la modélisation par EdGCM. Réalisation d’expériences de scénarios climatiques (4 binômes : scénario optimiste, scénario pessimiste, doublement de CO2, le scénario d’un petit français d’aujourd’hui).

 

Visite de Météo-France et du centre de calcul (Toulouse, le 7 Juillet 2009)


Réflexion sur le coût Carbone de l’initiative et de la philosophie des "compensations" carbone

 

Pendant l'expédition : initiation a la démarche scientifique

 

  • Mesures des paramètres météo à heure fixe (une mesure toutes les 3 heures : pression, température, humidité, vent (direction et force), type de nuage, temps sensible). Mise en place de quart de garde.
  • Apprentissage de la lecture d'une carte météorologique : notion de front
  • Mesures océanographiques (lancer d'XBT afin de mesurer la température de l'eau de la surface jusqu'à 500m de profondeur (Prêt de materiel par Ifremer-Coriolis)
  • Mesures ponctuelles de l'albedo de surface sur ocean/banquise/neige/sol etc. (prêt de matériel par CNRM-Meteo-France)
  • Visite de la base scientifique de Ny Alesund (à confirmer) : suivi d'un radio sondage  (lacher d'un ballon atmosphérique), discussion avec les scientifiques specialistes de la faune et de la flore. Interview par le groupe.
  • Comparaison entre photographies de glaciers prises au debut du siècle et état observe des langues glaciaires (recherche des points géographiques où les photos du début du siècle ont été prises, prise des mêmes photos).

 

Après l'expédition : phase de restitution et de sensibilisation du public

 

Sensibilisation du public aux questions du réchauffement climatique au travers de:

  • Réalisation d'un film
  • Réalisation d'une exposition de photographies
  • Participation du film à divers festivals
  • Cycle de conférences dans les écoles primaires/associations
  • Mise à la dispostion sur le web d'une base de données des photos de glaciers prises au cours de l'expédition (contact avec le National Snow and Ice Data Center NSCIR et le Norwegian Polar Institute )